Salon du Livre – Rencontre avec l’artiste peintre et illustrateur Fred Theys

Salon du Livre – Rencontre avec l’artiste peintre et illustrateur Fred Theys

Nov 10, 2014

Notre classe, la 601 du collège Joseph Bédier est allée au salon du livre de Jeunesse le 16 Octobre à la Halle des manifestations au Port,  et nous avons passé un bon moment avec l’artiste peintre et illustrateur Fred Theys.

Voici un compte rendu des élèves de Mme Couvreux  :

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–« Pouvez-vous nous parler de votre parcours ? Y a-t-il eu quelqu’un de votre entourage pour vous orienter vers la peinture ?

 —Je me suis intéressé seul au dessin. J’ai cessé de dessiner pendant longtemps parce qu’un adulte m’a dit que je dessinai comme un enfant. J’ai repris le dessin il y a une dizaine d’années, à l’âge de trente ans.

 

Vous écrivez aussi des histoires ?

– Je n’écris pas mais je raconte des scénarios en images dans mon livre « les  zazous ». J’invente des histoires sans les mots avec des objets naturels comme  des morceaux de bois, des cailloux trouvés dans la nature, je les peins, et les personnages deviennent des Zazous.

Vous avez vu l’album « Petit Tom », c’est l’histoire de la naissance, là, il y a une histoire écrite par une écrivaine, elle raconte de façon poétique la naissance de Tom.

« Le dessin doit dire quelque chose en plus du texte. »

Je réfléchis longtemps avant de dessiner, le geste vient ensuite. Mon geste est rapide un peu comme dans la calligraphie, mais d’abord, il est réfléchi, une fois que l’idée est là, le geste est vif. C’est l’idée qui prend du temps et les essais peuvent être très nombreux, je peux jeter entre mille et deux mille pages avant d’arriver au dessin final.

Pour « Le désir de Luna », c’est mon éditeur qui m’a demandé de faire quelques dessins et de les proposer à un concours d’écriture. Les candidats devaient écrire à partir de mes dessins, généralement, c’est le contraire qui se produit. L’auteur du livre est celui qui a gagné le concours mais je ne le connais pas. C’est plutôt étrange, un peu comme une rencontre manquée.

 

 

theys et les 601

 

Alilivre [800x600] Pouvez-vous nous donner quelques secrets de fabrication du livre que vous avez illustré « Ali de Zanzibar » écrit par Salim Hatubu ? - C’est à Paris que j’ai rencontré Salim Hatubou, dans un salon de livres comme celui-ci, nous étions assis l’un à côté de l’autre et nous avons beaucoup déconné. Lui, il habite Marseille. Un jour, il m’a envoyé le livre qu’il avait écrit, « Ali de Zanzibar » ; « Ecrire, ou illustrer, c’est souvent une histoire de rencontre ! » Salim connait bien Zanzibar, il y vivait jusqu’à l’âge de neuf ans. Son personnage Ali, a peut-être quelque chose à voir avec lui, mais son histoire peut arriver à n’importe quel gamin. Quand j’ai reçu son livre, j’ai réfléchi pendant un à deux mois à l’illustration. Il faut savoir qu’on reçoit l’histoire déjà mise en pages. Je regarde ce qui se passe sur une page, je prends deux actions, puis je cherche ce que je pourrais faire. J’ai mis environ une semaine pour trouver ce que je voulais. Je dessine l’essentiel, pas le reste. Un visage n’est pas nécessaire. Vous savez ce qu’est l’essentiel ? Nous lui avons parlé de manger, dormir, aimé, rire, construire sa maison et ça lui a plu. - Vous utilisez très peu la couleur, pourquoi ce parti pris de peindre en noir et blanc ? - Si je dessine en noir et blanc, c’est parce que cela me semble plus facile, pour travailler avec la lumière. J’ai fabriqué ma boîte à peintures, j’y mets la petite bouteille d’encre de chine noire ; la recette de son encre vient de Chine, il y aussi une plus grande bouteille de peinture blanche et une autre pour l’eau. J’utilise mes mains pour couvrir les grandes surfaces, et des pinceaux de différentes tailles en poils de martre. - Avez-vous besoin de conditions particulières pour raconter une histoire ? - Je me mets dans un lieu, ça peut être en extérieur, et je raconte tout ce que je vois, ce que je sens et entend autour de moi. « Chacun peut exprimer ! » Ce sont les moyens qui changent, certains expriment avec les mots, d’autres avec leur corps, la danse par exemple, ou la musique, « ça libère de dire. Il y a derrière cela, des années de travail mais quand on est triste, c’est bien, ça libère. Ne vous découragez pas, n’hésitez pas, exprimez-vous ! » Prochainement, Fred Theys est invité à se produire dans un spectacle à Madagascar. Il dessine avec des musiciens en spectacle interactif. Le public est invité à inventer des mots, que Fred Theys anime sous forme de dessins projetés sur écran, et les musiciens réagissent aux images qu’ils voient en direct. Voilà un art nouveau qu’il nous plairait bien de découvrir !i

allée du salon